LA BATAILLE DE DIÊN BIÊN PHU (le devoir de mémoire) Index du Forum LA BATAILLE DE DIÊN BIÊN PHU (le devoir de mémoire)
Les 170 jours de combat du "soldat courage"! Quand tout est perdu reste l'honneur.
 
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ANT-TRN Association Nationale des Titulaires du Titre de Reconnaissance de la Nation
Souvenirs du Capitaine Armandi

 
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DU 29 MARS AU 10 AVRIL
-> Eliane 4
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Koufra
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MessagePosté le: Jeu 17 Avr 2008 - 23:01    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi Répondre en citant

"
Le 30 mars  

 
Les Lieutenants Gaven et Marqués de la 3ème Compagnie sont tués. Les hommes du BT 2 ayant déserté en masse abandonnant le P.A Anne Marie, que nous avions si bien aménagé en Janvier, des officiers sont disponibles. Nous recevons le Lieutenant Guilleminot dont le frère avait commandé une de nos compagnies et le Sous-Lieutenant Makoviak, un vétéran d’lndo, 3ème séjour, il sera l’un des rares à pouvoir s’évader de la captivité.  
Le Sous-Lieutenant Thélot, adjoint de Bizard meurt aussi ce 30 mars. Certains disent "c’est la vie", la mort qui nous oublie si peu en fait, hélas, partie; la liste est déjà trop longue des sous-officiers et hommes de troupe Européens ou Vietnamiens dont j’envoie par radio l’avis de décès. C’est une composante de la routine, des tracas, ennuis, soucis quotidiens.  
Le soldat doit combattre mais comme tout être vivant, il doit manger, boire, dormir, chose peu facile dans des abris trop petits, surpeuplés, au milieu du tumulte de ceux qui vont et viennent, avec orchestre de bouches à feu et fracas d’arrivée d’obus de toute sorte, de tous calibres.  
Dès la première heure d’arrivée d’une troupe en un lieu, un problème se pose : la possibilité d’évacuer proprement, ce qui fut ingurgité... Les feuillées, tel est leur nom, très impropre à Dien Bien Phu où il ne reste pas un arbre, pas une plante et, évidemment, pas une feuille, furent installées les premiers jours derrière 3 toiles de tente, en plein air, mais trop d’hommes seront tués en ces lieux.  
Le Toubib responsable sanitaire nous donna la bonne solution de ce problème capital :  
Dans un abri large, aéré, ventilé, creuser des "Hollandaises". On commence par un trou initial de 40 cm de diamètre, cylindrique sur une profondeur de 50/60 cm et, ensuite, descendre le creusement en élargissant en forme de bombonne. Nos petits gabarits "Nha Qué" font merveille : 2 m de profondeur, 1,50 m à la base. Les mouches ne sachant pas "spiraler" pour monter resteront dans le fond.  

 
Le 10 avril  

 
Langlais et Bigeard décident de reprendre E1 (de Castries les laisse faire...), le 6ème BPC est lancé (ce qu’il en reste). Au prix de très sérieuses pertes, il prend la position mais il faut le relever. Le 2/1 RCP est envoyé pour ce faire.  
Nous suivons toujours à la radio nos collègues qui se font matraquer sans arrêt par l’artillerie VM. Les gars d’en face sont sans doute vexés d’avoir été refoulés à 10 contre 1 et ils veulent reprendre la position. Tirs et attaques viets se succèdent sans interruption.  

 
Le 11 vers midi  

 
Il faut contre attaquer pour sauver ce qui reste des Chasseurs de "Bréche". Une compagnie du BEP conduite par Martin, la Compagnie de Phu, renforcée par la moitié de la 3 du 5ème, seront de la "fête". (l’autre moitié 40/45 hommes reste en défense (!) de E4.  
Les Légionnaires conscients d’aller au "casse pipes" progressent en chantant l’hymne du 1er BEP.  
Phu voudrait en faire autant mais le Ba Wan n’a encore jamais eu de chant propre alors, ce garçon brillant, énergique, ordonne aux cadres "Phap" de chanter la Marseillaise ! Une dizaine de nos "Nha Qués" la connaît (à peu près) et on voit, on entend une Unité de Paras "Vietnamiens" aller se faire tuer au son (approximatif) de l’hymne national français.  
Nos pertes seront de plus de la moitié de l’effectif engagé mais les survivants tiendront jusqu’au lendemain.  
Cet acte vaudra à Phu d’être nommé capitaine, et, ajouté à ceux de Martinais, de Bizard, vaudront à notre bataillon d’être enfin appelé le 5ème Para, Ba Wan n’est plus un surnom péjoratif.  
Cela se passait le 11 avril, dimanche des Rameaux.  
Le 18 avril le Sous-Lieutenant Gourdesse détaché chez nous venant du BT2 est grièvement blessé, évacué.  

 
Le 21  

 
Botella est nommé commandant. Il dit m’avoir proposé capitaine, il n’y aura jamais de suite.  
Je l’ai déjà dit, les approvisionnements ne viennent pas seuls sur E4, il faut aller chercher le nécessaire en bout de DZ, au début de la piste d’aviation, puis au fur et à mesure du rétrécissement de la "peau de chagrin", au PA central, cela bien sûr sous les coups des artilleurs d’en face.  
Dans la nuit des équipes de "Tringlots" dont il faut louer le courage et l’abnégation, dirigent des P.I.M., récupèrent, trient, stockent, distribuent, aux pieds des pitons, suivant les demandes des Unités (et des avoirs). Les bénéficiaires emportent à dos d’homme en passant par des points à découvert sur lesquels les Viets s’acharnent.  
Le ravitaillement en vivres est pour tous à base de riz.  
Nos hommes sont à 90% au début, 80% à la fin, (après les renforts parachutés) des Vietnamiens mais tous, européens ou pas, mangent du riz à chaque repas. La boîte de "singe" ("corned beef" en français) individuelle est chez nous pour deux ! c’est le seul agrément du riz avec quelques oignons mais nous aurons thé, café, cigarettes à volonté jusqu’à la fin, le sucre à peu près aussi.  
Nos mortiers de 81 sont très souvent, sur ordre du G.A.P., appelés à tirer dans le talweg en bas d’E4. Les munitions qui nous sont attribuées, insuffisantes, et le Chef Franck mettant un point d’honneur aux "appros", va souvent, en plein jour, en quête du nécessaire, accomplissant des prodiges d’audace, entraînant l’ex sous-Lieutenant Loc.  

 
Le 24 avril  

 
Ce sous- officier de 25 ans, solide, rieur, est atteint par des éclats aux chevilles en traversant la Nam Youm. Il arrive vers nous en larmes, sanglote et s’écroule : mort, une crise de nerfs ayant sans doute provoqué un infarctus ! "Jules" n’était pas là, il n’y avait qu’un infirmier vietnamien, Pierraggi et moi. Je n’avais à cette époque aucune connaissance sur le massage cardiaque.  
Métais, Pierraggi, Ducloux (3 fois blessé) alterneront pour le remplacer conduits par Loc assez regonflé au contact et à l’entrain de Franck. Je dois aussi dire que Loc, "à ses moments perdus", entre deux prières, a creusé un trou de 2 m2 qu’il utilise pour cuire notre riz en plus du travail de ramassage, c’est aussi son abri personnel.  
Le soir, par le C 9, nous écoutons les nouvelles diffusées à Hanoï par "Radio Hirondelle", la voix officielle de l’Armée. Nous sommes effarés par les énormités, les fausses nouvelles sur Dien Bien Phu et nous sourions, elles doivent être les mêmes en France, elles rassurent nos familles. Comme il faut peu de chose pour faire rire des hommes s’apprêtant à mourir, nous nous esclaffons en début d’émission lors du générique du feuilleton "les Mystères de Paris" : "vous qui êtes à l’abri, écoutez les drames de Paris", nous étions dans un abri et pour le drame... qui pouvait mieux dire.  
Nous recevons du courrier parachuté mais nous ne pouvons pas en expédier, ni même envoyer des télégrammes privés, toutefois Reine saura toujours que je suis vivant, en exercice de mes fonctions, par Delors ou le Commandant Bloch qui lui diront presque chaque jour avoir signé un ou des T.O. de décès. Les derniers jours, Desfossés, mon vieux compagnon de SAARF, responsable des liaisons Hanoï - Dien Bien Phu lui offrira de m’appeler par le radiotéléphone spécial, elle refusera avec raison.  
 
Le ravitaillement de "Huguette 6" encerclée, est devenue impossible; dans la nuit du 17 au 18 avril Bizard reçoit l’ordre de l’abandonner. Les Paras du 8ème essaieront de l’aider, mais ils ne pourront aller à moins de 400 m de lui, des tranchées viets fortement occupées l’interdisent. Bizard a, avec lui, 70 hommes de notre 1ère Compagnie, soldats aguerris maintenant et une trentaine de Légionnaires dont deux officiers.  
Le 18 avril, dimanche de Pâques, il fera la sortie direction Sud, vers les amis. Les hommes auront un sac de sable de 6 à 8 kg pendu devant et derrière en guise de pare-balles, leur arme et rien d’autre.  
A l’aube, au signal prévu, tous sortent en même temps, courant, hurlant, tirant, ils franchissent les deux lignes de Viets surpris, attendant l’attaque venant du Sud après avoir vu la mise en place des Paras du 8ème Choc. Bizard, sans arme, courait au milieu des hommes, son missel à la main (!) les encourageant. Il a ramené les 4/5ème de la garnison de "Huguette 6".  
Bel exploit consigné dans la citation accompagnant la Rosette de la Légion d’Honneur attribuée à ce capitaine de 29 ans.  
Nous avons eu depuis notre arrivée des petites pluies.  
A partir de fin Avril ce sera des pluies de mousson en avance qui détremperont tout, transformant les tranchées en canaux. En 14/18 nos anciens avaient du bois et pouvaient poser des caillebotis. A Dien Bien Phu nous n’avons rien et pataugeons dans la boue, même dans les abris.  
Les combats continuent.  
Nos "Nha Qués" se sont aguerris, accoutumés; ils sont maintenant de vrais soldats, des Paras qui se battent courageusement. Il y eut quelques faiblesses à la 3 après les décès de Canton, Gaven, Marqués. Cela s’est aussi produit ailleurs. Les Viets, par haut-parleurs, incitent à ne plus combattre, à déserter; cette propagande est faite en plusieurs langues : allemand, arabe, espagnol et italien avec, bien sûr, le vietnamien et le français. Quelques Légionnaires, quelques Arabes se laissent prendre, un flottement apparaît chez les Vietnamiens de nos bataillons (tous les bataillons paras sont "jaunis" à 40%).  
Bréchignac réagit très fort.  
Botella l’imite : 3 gars du 2/1 RCP, 2 de chez nous qui ne voulaient plus combattre, sont déposés, ficelés, dans les barbelés pendant 24 heures. Les Viets les prenant sans doute pour des tués ne leur tirent pas dessus, combiné avec les harangues de Pham Van Phu cela suffira pour qu’il n’y ait plus que des hommes voulant se battre.  
A l’écoute de nos hommes, de nos amis, nos frères des Unités d’intervention, les bataillons paras principalement, où nous nous connaissons tous, colos, métros, légionnaires, très intensément liés, nous sommes anxieux, nous frémissons, subissons. Il est très dur de les entendre sans pouvoir les aider; nous reconnaissons très souvent leurs voix (certains comme Clédic parlent en breton, d’autres en anglais voire en arabe comme Botella !). Nous voudrions aller les rejoindre, ce serait moins oppressant dans l’action que de rester calmes en écoutant les plus mauvaises nouvelles, du moins le paraître pour rassurer ceux qui sont autour de nous ou ceux qui, ne pouvant écouter toutes les fréquences, voudraient savoir.  
Botella donne l’exemple,.  
Il est parfait avec souvent un mot gai pour détendre et rire de nos malheurs. "Jules" ne laisse rien paraître, il va chaque jour dans les compagnies soigner les blessés, les réconforter, les stimuler. J’essaie d’être impassible, indifférent même en recevant des objets, des papiers, de l’argent ayant appartenu à nos morts. Je consigne les détails pour écrire à leur famille ! cela ne se fera jamais...  
Nous devenons routiniers.  
Tous les matins, Lac descend à la rivière et remonte un jerrican d’eau. Nous prenons chacun un casque lourd du liquide et toilette de chat. Tous les 3 ou 4 jours, si le Viet le permet, ablutions à la rivière.  
Nous n’avons que la tenue de combat du saut, avec la transpiration elle sent et devient raide. Nous sommes arrivés avec un slip et une paire de chaussettes de rechange, on lave quand on peut, l’abri est très parfumé quand nous nous déchaussons.  
Chaque matin Botella va prendre le café avec ses collègues des autres bataillons paras; Rouault, va à l’A.C chercher des médicaments et fait le tour des compagnies. Je ne descends au PC du GAP que 1’après-midi (en même temps qu’à la rivière), voir les hommes de la 342 Trans, ma compagnie dont je suis détaché au Ba Wan.  
Legrand a reçu un géophone qu’il me confie.  
C’est une sorte de central téléphone à 6 lignes. En bout des lignes, des micros sensibles; avec Mao et Lac je suis allé les placer en avant des barbelés, dont deux au fond du talweg où les Viets viennent chaque nuit creuser des tranchées d’approche.  
A l’écoute Meyer, Faure, et Nam manipulant les clés pour localiser les terrassiers. Nam et Lac traduisent les ordres entendus et le mortier ou les "lance patates" (mortier de 60) tirent dessus. Les fils des micros sont très souvent coupés et juste avant le jour il faut aller réparer. Curieusement, lorsque cela se produit dans le talweg, Mao ne sait plus faire une épissure, sauf si je l’accompagne !  
En plus des 3 officiers et de 3 sous-officiers du BT2 nous recevons des renforts parachutés, des Européens, je ne les vois jamais. A la réunion quotidienne, au GAP, Botella les répartit dans les compagnies et donne la liste à Pierraggi qui note. Ces renforts seront très faibles (chiffre in fine) non conformes aux dires de la B.A.  
Je fais parfois leur connaissance lorsqu’ils viennent, comme les anciens, un bras ou une jambe plâtrés, à moins qu’il n’ait un "turban" saignant sur le crâne, demander à rejoindre leurs camarades au combat. Tous préfèrent retourner, tenir une arme, que rester à l’Antenne, Rouault en garde quelques uns 2 ou 3 jours avant de les autoriser à repartir.  
Devant Verdun il y a eu le cri "Debout les morts", à Dien Bien Phu il est inutile, les "morts" ne se couchent pas. Ceux de la Marne, Verdun, Ypres, etc... pouvaient être ramenés à l’arrière, ici il n’y a pas d’arrière..........."  


 
Amitiés
 
 

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MessagePosté le: Jeu 17 Avr 2008 - 23:01    Sujet du message: Publicité

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Sentenac
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MessagePosté le: Ven 18 Avr 2008 - 05:19    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi Répondre en citant

 l'héroisme personnel  et anonyme
Combien peuvent l'maginer
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N° BREVET 258320
Adieu ma France... Tu n'es plus celle que j'ai connue, le pays du respect des valeurs, de l'hymne et du drapeau, le pays de la fierté d'être français.
général Bigeard


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jm
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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2008 - 04:25    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi Répondre en citant

Oui, impressionnant.
Souvenirs tirés de quel livre, Koufra ?

Very Happy  jm


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Koufra
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MessagePosté le: Sam 19 Avr 2008 - 05:31    Sujet du message: Armandi Répondre en citant

Ce n'est pas un livre jm, c'est un récit fait sur le net!

Amitiés Very Happy
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Lucky
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MessagePosté le: Mar 20 Juil 2010 - 11:52    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi Répondre en citant

trés bon récit d'un ancien de DBP
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la victoire par la mort


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lucolivier


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MessagePosté le: Dim 13 Nov 2016 - 19:51    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi Répondre en citant

Bonsoir,
Y a t-il d'autres passages de ces superbes et très intéressants souvenirs ?
Luc


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:15    Sujet du message: Souvenirs du Capitaine Armandi

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